Accueil du site > Programmes en réseau > ANR PRISME > ANR "Pratiques Rituelles et Symboliques en Méditerranée nord-occidentale protohistorique, VIIIe-Ier siècles avant notre ère"
Responsable : Réjane ROURE
Résumé :
Le projet PRISME a été sélectionné par l’Agence Nationale de la Recherche. C’est un projet « jeunes chercheurs » coordonné par Réjane Roure, Maître de Conférences à l’Université Paul-Valéry-Montpellier III, rattachée à l’UMR5140. Ce programme de recherche, qui va se dérouler sur 3 ans (octobre 2009 – septembre 2012), réunit une importante équipe internationale (principalement franco-espagnole) autour de la thématique des pratiques rituelles.
Ce projet vise à reprendre l’ensemble du dossier concernant les pratiques rituelles et symboliques – à l’exclusion du domaine funéraire, même si un dialogue avec celui-ci ne sera pas totalement absent – en réalisant un inventaire exhaustif des données à notre disposition en France et en Espagne méditerranéennes, puis en les confrontant afin de mieux comprendre les manifestations de type symbolique dans leur diversité, pour toute la période de l’âge du Fer, jusqu’à l’époque augustéenne. Seront prises en considération à la fois les pratiques domestiques, repérées dans les habitats privés, et les pratiques publiques collectives mises en évidence soit au sein des habitats groupés soit dans des espaces particuliers : sanctuaires, grottes, espaces consacrés.
La première réunion de ce projet aura lieu les 18 et 19 janvier 2010 dans les locaux de l’UMR5140. Présentation du projet Les pratiques rituelles des populations protohistoriques habitant sur les côtes du bassin nord-occidental de la Méditerranée sont encore largement méconnues, alors que dans d’autres régions cette thématique a fait l’objet d’avancées significatives. Notre projet vise à reprendre l’ensemble du dossier concernant ces pratiques – à l’exclusion du domaine funéraire, même si un dialogue avec celui-ci ne sera pas totalement absent – en réalisant un inventaire exhaustif des données à notre disposition en France et en Espagne méditerranéennes, puis en les confrontant afin de mieux comprendre les manifestations de type symbolique dans leur diversité, pour toute la période de l’âge du Fer, jusqu’à l’époque augustéenne.
Les pratiques rituelles sont généralement définies comme des ensembles d’actes, de paroles, de manipulations (substances, objets), de représentations symboliques et de productions sonores (musique, chants, bruits) qui s’enchaînent selon un ordonnancement très précis, avec la participation de plusieurs personnes, voire de toute la société. Ces pratiques ne sont pas exclusives de la sphère religieuse, mais peuvent aussi se dérouler en dehors de toute référence à des cultes, dans des domaines très divers (politique, domestique, commercial). Le principe fondamental de l’élaboration d’un rite étant sa répétition (Lévi-Strauss 1971), l’archéologie est susceptible d’identifier des pratiques rituelles en corrélant des données matérielles éparses et en multipliant les comparaisons pour identifier ce type de manifestation. Certes on ne pourra jamais appréhender la totalité du « fait » rituel pour les populations protohistoriques puisque certaines dimensions de ces pratiques (paroles, chants) et surtout leur signification symbolique et spirituelle nous échapperont toujours, mais on peut étudier les expressions matérielles de ces pratiques, en étant pleinement conscient qu’il s’agit d’une vision partielle (mais n’est-ce pas un caractère propre à toute approche archéologique et même historique ?).
Trop souvent il est vrai, le domaine du rituel a été utilisé pour attribuer un sens à des objets dont l’identification posait problème et dont les fonctions semblaient obscures, et au cours des dernières décennies, les archéologues ont beaucoup lutté contre cette tendance, jusqu’à une certaine dérive fonctionnaliste qui a conduit à bannir quasiment toute dimension rituelle de ces sociétés. Notre souci constant sera d’échapper à ces deux tendances opposées – le tout fonctionnel contre le tout religieux pour schématiser – pour simplement analyser les aspects matériels des pratiques rituelles sans vouloir chercher absolument à déterminer le sens derrière le geste, mais en ouvrant des perspectives et en proposant des hypothèses, après avoir étudié l’ensemble de ces manifestations sans y imposer de significations préconçues. C’est le but du projet de recherche présenté ici, qui vise à fonder une analytique du rituel adaptée aux conditions particulières de la recherche archéologique.
Seront prises en considération à la fois les pratiques domestiques, repérées dans les habitats privés, et les pratiques publiques collectives mises en évidence soit au sein des habitats groupés soit dans des espaces particuliers : sanctuaires, grottes, espaces consacrés. L’essentiel du travail sera fondé sur les données des fouilles archéologiques, anciennes – avec quelques importants ensembles inédits – ou récentes – plusieurs chantiers en cours durant la période 2010-2012 sous la direction de chercheurs participant à ce projet viendront alimenter ces problématiques –¬ et sur l’étude du mobilier issu de ces travaux et des éléments d’architecture qui peuvent y être associés. Parallèlement, un travail bibliographique de fond sera réalisé sur divers aspects en prise directe avec les problématiques de ce projet, ainsi qu’une ouverture vers l’anthropologie culturelle qui a beaucoup travaillé sur ce thème, sans négliger l’analyse des sources historiques. Les inventaires réalisés seront informatisés dans des SIG (Système d’Information Géographique) ou des SIA (Système d’Information Archéologique) qui permettront de mieux cerner la répartition spatiale des manifestations rituelles en y intégrant bien sûr la composante chronologique et la contextualisation des données, de manière à proposer une restitution des dynamiques d’évolution de ces pratiques au sein des sociétés, de leur rôle éventuel dans la constitution des territoires et l’affirmation des identités, et de leur place au sein des échanges culturels et des métissages.
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